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Acheter une Longère ou une Maison en Pierre en Bretagne : Un projet entre charme, tradition et vigilance

  • Photo du rédacteur: Roland Chevallier
    Roland Chevallier
  • 8 sept. 2025
  • 4 min de lecture


Le retour à la terre — ou "distu d'ar vro" en breton — n’a jamais été aussi fort. Boostés par les confinements successifs et l’essor du télétravail, de nombreux citadins cherchent aujourd’hui un mode de vie plus lent, plus vert, plus autonome. Dans ce contexte, les campagnes bretonnes offrent un cadre de vie rêvé : authentique, paisible, et encore abordable. Parmi les biens les plus convoités figurent les longères et maisons en pierre, symboles du patrimoine rural breton.

Mais si le charme de ces bâtisses anciennes est indéniable, leur achat ne s’improvise pas. Entre avantages séduisants et contraintes techniques, mieux vaut être bien informé avant de se lancer.



Qu’est-ce qu’une longère ou une maison en pierre bretonne ?


La longère est une maison rurale traditionnelle, reconnaissable à sa forme

Longère bretonne

allongée et construite en rez-de-chaussée. Les pièces y sont souvent alignées sur un seul niveau, avec parfois des combles aménageables. Elles sont généralement orientées est-ouest pour maximiser la lumière naturelle.

Quant aux maisons en pierre, il peut s’agir d’anciennes fermes, de corps de hameaux, voire de demeures bourgeoises, souvent bâties en granite ou schiste — des matériaux typiques de la région. Ces habitations font partie des "tiez koz" (vieilles maisons), parfois âgées de plusieurs siècles.



Les atouts d’un tel achat


1. Le cachet et l’authenticité

Ces maisons ont une véritable âme ("spered"). Murs en granit, poutres apparentes, cheminées monumentales, toitures en ardoise naturelle : chaque élément raconte une histoire. Ce sont des biens de cœur.


2. Des prix encore abordables

On trouve encore des longères à rénover entre 50 000 et 150 000 €, bien en dessous des prix pratiqués dans les villes. Ce différentiel laisse une marge précieuse pour envisager des travaux.


3. Un environnement paisible et naturel

Situées en pleine campagne ou dans de petits hameaux, ces maisons offrent un cadre de vie serein : faune abondante, peu de voisins, jardin, verger, potager, poulailler… Un retour à la nature, voire à une autonomie partielle (panneaux solaires, récupération d’eau de pluie).


4. De grands volumes aménageables

Granges, dépendances agricoles, combles spacieux : ces bâtisses offrent de nombreuses possibilités d’agrandissement ou de réaménagement (création de gîtes, ateliers, pièces de vie ouvertes...).



Les inconvénients à ne pas négliger


1. Travaux indispensables et souvent coûteux

Toiture, isolation, électricité, plomberie, chauffage, menuiseries, assainissement… tout ou presque est à refaire dans ces maisons anciennes. Comptez entre 500 et 1000 €/m² pour une rénovation complète, et parfois bien plus pour une rénovation écologique performante.


2. Performances énergétiques limitées

Les murs en pierre ont une grande inertie thermique mais laissent passer le froid et l’humidité sans isolation adaptée. Un plan de "renov ekologel" est souvent indispensable.


3. Réglementations strictes

Si le bien se trouve en zone protégée (zone littorale, monument historique, etc.), les travaux seront soumis à des règles précises. Certains matériaux (comme l’ardoise de Locronan) peuvent être obligatoires.


4. Agencement peu fonctionnel

Les pièces sont souvent petites et cloisonnées. Créer une grande pièce de vie, agrandir les ouvertures ou réorganiser les espaces peut impliquer des travaux lourds.



À surveiller attentivement avant l’achat


1. Assainissement non collectif (SPANC)

La majorité des biens en campagne ne sont pas raccordés au tout-à-l’égout. Le SPANC doit impérativement contrôler l’installation. Une mise aux normes peut coûter entre 6 000 et 15 000 €.


2. État général du bâti

  • Toiture : attention à la charpente, aux infiltrations, à la ventilation des combles.

  • Murs : les fissures dans le granit peuvent être graves ou anodines. Seul un expert peut trancher.

  • Humidité : des enduits inadaptés empêchent les murs de "respirer", favorisant la stagnation d’eau.

  • Mérule : ce champignon lignivore est un ennemi redoutable dans les bâtis anciens mal ventilés.


3. Accessibilité et connectivité

  • Les services de proximité (écoles, santé, commerces) sont-ils accessibles en moins de 20 minutes ?

  • Internet / mobile : certaines zones rurales restent des zones blanches. Vérifiez la fibre ou testez la 4G avant d’acheter.



Les pièges à éviter



Ne vous laissez pas séduire uniquement par le charme. Beaucoup d’acheteurs découvrent trop tard :

  • Une charpente fragilisée par les insectes,

  • Des murs fragilisés par des années d’humidité,

  • Des dépendances non déclarées ou mal construites,

  • Une extension sans fondations…


Un diagnostic technique global (DTG) ou une visite avec un expert en pathologie du bâti est vivement recommandé.





À qui s’adresse ce type de projet ?


Les longères et maisons en pierre séduisent :

  • Les familles en quête d’espace et de nature,

  • Les amateurs de rénovation et de patrimoine,

  • Les acquéreurs de résidences secondaires authentiques,

  • Les investisseurs en gîtes ruraux ou location saisonnière (gouelva).



Conseils d’expert pour une rénovation réussie


  • Travaillez avec des artisans locaux qui connaissent les matériaux traditionnels (enduits à la chaux, ardoise naturelle, bois massif) et les contraintes du climat breton.

  • Respectez le patrimoine : des matériaux compatibles garantissent une maison saine et durable.

  • Prévoyez un budget réaliste et gardez une marge pour les imprévus.



Un projet de vie, pas juste un achat


Acheter une longère ou une maison en pierre en Bretagne, c’est bien plus qu’une acquisition immobilière : c’est un choix de vie, un retour aux sources, une immersion dans une culture locale forte. C’est aussi un engagement, une aventure parfois exigeante, mais souvent profondément enrichissante.


Gwell eo an ti bihan en e damm eget an ti bras e gwasked” — Mieux vaut une petite maison à soi qu’une grande maison dans l’ombre d’un autre.

Alors, choisissez bien votre "ti kozh", faites-le revivre, et laissez-vous porter par le plaisir de l’ancien“Plijadur gant ar pezh zo koz”.

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