Humidité dans les maisons anciennes en Bretagne : comprendre, prévenir et traiter
- Roland Chevallier

- 9 févr.
- 3 min de lecture
La Bretagne séduit par ses paysages sauvages, ses ports pittoresques, et l’authenticité de son patrimoine bâti. Mais derrière ce charme se cache un défi bien connu des propriétaires : la gestion de l’humidité. Entre vents dominants venus de l’Atlantique et pluies fréquentes, le climat océanique breton met à rude épreuve les constructions anciennes, souvent en pierre et sans dispositifs d’étanchéité modernes.
Pourquoi l’humidité est-elle si fréquente dans les bâtisses bretonnes ?

Les maisons traditionnelles bretonnes sont généralement construites en granite, schiste ou moellons, des matériaux solides mais naturellement poreux. À une époque où l’on misait sur la respiration des murs plutôt que sur leur étanchéité, ces bâtis anciens se retrouvent aujourd’hui exposés à des phénomènes d’humidité persistante lorsque les conditions d’entretien ou de rénovation ne sont pas adaptées.
Les principales causes d’humidité
Les remontées capillaires
C’est la source la plus fréquente d’humidité dans les vieilles maisons. L’eau présente dans le sol remonte lentement par capillarité à travers les murs, surtout en l’absence de barrière étanche à leur base. Dans le temps, cette humidité se traduit par des taches sombres, du salpêtre (cristallisation des sels minéraux) et une détérioration des joints et des enduits.
Un drainage inexistant ou inefficace
Beaucoup de constructions anciennes ne disposent pas de drainage périphérique, ce qui empêche l’évacuation correcte de l’eau de pluie. Résultat : une accumulation d’humidité au pied des murs et une pression hydrostatique qui favorise les infiltrations.
Une ventilation insuffisante
L’absence de ventilation mécanique ou de renouvellement d’air, souvent aggravée par le remplacement des anciennes fenêtres par des modèles étanches, entretient la condensation. Dans les pièces humides (salle de bain, cuisine, buanderie), cette situation favorise champignons et odeurs de renfermé.
Des enduits inadaptés
L’application de revêtements imperméables (enduits au ciment, peintures plastiques, crépis étanches) empêche la pierre ou la brique de respirer. L’humidité reste piégée dans le mur et finit par désagréger matériaux et finitions. Les restaurations mal conçues sont donc souvent plus nuisibles que bénéfiques.
Des signes à ne pas ignorer
Apparition de moisissures ou de taches sombres sur les murs intérieurs.
Présence de salpêtre ou d’efflorescences blanches à la base des murs.
Odeurs d’humidité persistantes, souvent accompagnées d’une sensation de froid.
Enduits cloqués, boiseries abîmées et plinthes gonflées.
Risques sanitaires : développement d’allergies, irritations respiratoires et inconfort général.
Des solutions durables et respectueuses du bâti ancien
Créer un drainage périphérique
Installer un système de drainage autour de la maison aide à évacuer l’eau des fondations. Ce dispositif, composé d’un drain recouvert de gravier et protégé par un géotextile, réduit considérablement les remontées capillaires et les infiltrations latérales.
Utiliser des enduits “respirants”
Pour laisser les murs sécher naturellement, privilégie les enduits à la chaux aérienne ou hydraulique naturelle. Ces matériaux, perméables à la vapeur d’eau, favorisent la régulation hygrométrique tout en protégeant la pierre. Dans certains cas, des enduits à base de terre crue peuvent aussi convenir et offrir une finition chaleureuse typiquement bretonne.
Améliorer la ventilation intérieure
L’installation d’une VMC hygroréglable ou d’un système double flux permet d’adapter automatiquement la circulation d’air selon le taux d’humidité. En complément, ouvrir les fenêtres quelques minutes par jour, même en hiver, aide à éviter la condensation.
Entretenir la collecte des eaux pluviales
Les gouttières et descentes d’eau ont un rôle crucial. Il faut les nettoyer régulièrement, vérifier l’étanchéité des joints et veiller à ce que l’eau soit évacuée loin du pied des murs. Cela peut paraître anodin, mais c’est souvent la solution la plus simple et la plus efficace pour prévenir les infiltrations.
Un équilibre à trouver

Le taux d’humidité optimal d’un logement se situe entre 40 et 60%. En dessous, l’air devient trop sec ; au-dessus, les risques de moisissure augmentent. Un hygromètre, peu coûteux, permet de surveiller ce niveau et d’agir en prévention. En Bretagne, cet outil devrait faire partie de la trousse de base de tout propriétaire de maison ancienne.
En conclusion
L’humidité dans les habitations anciennes bretonnes résulte d’un équilibre fragile entre climat, matériaux et interventions humaines. Restaurer ces bâtisses demande de la connaissance, de la patience et un respect des méthodes traditionnelles. En combinant diagnostic précis, matériaux adaptés et entretien rigoureux, il est tout à fait possible de conserver le charme du patrimoine breton tout en profitant d’un intérieur sain et confortable.










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