Location saisonnière en Bretagne : quelles obligations pour les propriétaires ?
- Roland Chevallier

- 1 juin
- 4 min de lecture
La Bretagne est l'une des destinations touristiques les plus prisées de France. Chaque été, le Pays Bigouden, la baie d'Audierne ou les alentours de Concarneau accueillent des milliers de vacanciers en quête de grands espaces, d'iode et d'authenticité. Pour les propriétaires qui souhaitent en profiter en louant leur bien, la tentation est grande et compréhensible. Mais en 2026, la location saisonnière ne s'improvise plus. La réglementation s'est considérablement durcie, et ignorer ses obligations peut coûter très cher.
Voici un tour d'horizon complet des obligations qui vous concernent.
1. La déclaration en mairie : désormais obligatoire partout
C'est la première démarche, incontournable. Tout bien destiné à la location saisonnière doit faire l'objet d'une déclaration préalable en mairie afin d'obtenir un numéro d'enregistrement unique. Depuis le 20 mai 2026, ce dispositif est généralisé à l'ensemble du territoire français, y compris dans les communes rurales du Finistère.
Ce numéro doit obligatoirement figurer sur toutes vos annonces de location (Airbnb, Abritel, Booking, annonces papier…). Sans lui, les plateformes sont tenues de désactiver votre annonce. Et côté sanctions, l'amende pour défaut d'affichage peut atteindre plusieurs milliers d'euros.
Conseil pratique : Rapprochez-vous de votre mairie dès maintenant pour vérifier si la procédure locale est déjà en place et obtenir votre numéro sans délai.
2. L'immatriculation SIRET : une formalité souvent oubliée
Que vous louiez occasionnellement ou de façon régulière, l'obtention d'un numéro SIRET est obligatoire pour tout loueur en meublé, professionnel (LMP) ou non professionnel (LMNP). Cette démarche s'effectue en ligne sur le Guichet Unique de l'INPI, dans les 15 jours suivant le début de votre activité.
Le SIRET est désormais indispensable pour valider votre liasse fiscale, notamment si vous basculez au régime réel d'imposition, ce qui concerne de plus en plus de propriétaires par suite de la réforme fiscale de 2026.
3. La résidence secondaire : attention au changement d'usage

Si vous souhaitez louer une résidence secondaire (et non votre résidence principale), la réglementation est plus stricte. Dans les communes de plus de 200 000 habitants et certaines zones tendues, une autorisation de changement d'usage est requise. Certaines mairies imposent alors une règle de compensation : pour convertir un logement en meublé touristique, vous devez racheter un local commercial de même superficie et le transformer en habitation.
Dans le Finistère Sud, la situation varie selon les communes. Les villes comme Quimper ou Concarneau sont plus encadrées que les petites communes rurales. Renseignez-vous précisément auprès de votre mairie avant toute mise en location.
4. La résidence principale : un plafond de nuitées à respecter
Vous souhaitez louer votre résidence principale pendant vos vacances ou lors de festivals ? C'est possible, mais encadré. La loi Le Meur (n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) fixe un plafond de 120 jours par an pour la location de sa résidence principale. Et depuis cette loi, les maires ont la possibilité d'abaisser ce plafond à 90 jours s'ils le jugent nécessaire pour réduire la tension locative sur leur commune.
Au-delà de ces seuils, votre logement est considéré comme un meublé de tourisme permanent, avec des obligations supplémentaires.
5. Le DPE : une obligation énergétique qui monte en puissance
C'est l'un des changements les plus importants. La loi impose progressivement un alignement des exigences énergétiques entre location longue durée et location saisonnière.
Dès maintenant : les logements classés F ou G (les fameuses "passoires thermiques") ne peuvent plus obtenir d'autorisation de changement d'usage dans de nombreuses communes.
Depuis 2025 : obligation de réaliser un DPE lors de toute première mise en location saisonnière ou demande d'autorisation.
Horizon 2034 : seuls les logements classés A à D pourront être loués en meublé touristique.
En Bretagne, les maisons en pierre, les longères, les corps de ferme... ces biens si caractéristiques de notre territoire, sont souvent énergivores. Il est conseillé de se rapprocher d’un expert capable de vous conseiller sur les travaux à envisager pour sécuriser votre activité locative sur le long terme.
6. La taxe de séjour : vous devez la collecter
Si votre commune a instauré une taxe de séjour, ce qui est le cas de la plupart des communes touristiques du Finistère, vous avez l'obligation de la collecter auprès de vos locataires puis de la reverser au comptable public. Le montant est fixé librement par la commune, au réel (par personne et par nuit) ou au forfait.
Les plateformes comme Airbnb collectent désormais la taxe de séjour directement pour vous dans certains cas. Vérifiez la situation exacte avec votre mairie pour éviter tout risque de double collecte ou d'omission.
7. La copropriété : n'oubliez pas d'informer le syndic
Si votre bien est situé dans une copropriété, vous avez l'obligation d'en informer le syndic avant toute mise en location saisonnière. Les copropriétaires peuvent, réunis en assemblée générale, voter l'interdiction de cette activité à la majorité des deux tiers, à condition que le règlement de copropriété interdise déjà toute activité commerciale dans les lots non commerciaux.
8. La fiscalité : une réforme qui change tout en 2026

La loi Le Meur a profondément remanié la fiscalité des loueurs. Les changements sont significatifs :
Pour les meublés de tourisme non classés :
Plafond du régime micro-BIC : 15 000 € (contre 77 700 € auparavant)
Abattement forfaitaire : 30 % (contre 50 % auparavant)
Pour les meublés de tourisme classés :
Plafond du régime micro-BIC : 77 700 € (contre 188 700 € auparavant)
Abattement forfaitaire : 50 % (contre 71 % auparavant)
Ces règles s’appliquent aux revenus perçus à partir de 2025 (déclaration 2026)
Conséquence directe : de nombreux propriétaires basculent automatiquement vers le régime réel, qui permet de déduire les charges (travaux, intérêts d'emprunt, frais de gestion…) et d'amortir le bien. C'est souvent plus avantageux fiscalement, mais cela impose une comptabilité rigoureuse et l'accompagnement d'un professionnel.
Ce que risquent les propriétaires non conformes
Les sanctions ont été nettement renforcées. Un propriétaire qui loue sans autorisation dans une zone où elle est obligatoire s'expose à une amende civile pouvant atteindre 100 000 € par logement. À cela s'ajoutent des amendes administratives pour défaut d'affichage du numéro d'enregistrement, des redressements fiscaux, et la désactivation des annonces par les plateformes.
Notre accompagnement en tant qu'expert immobilier
La location saisonnière est une opportunité réelle pour les propriétaires bretons, à condition d'être structurés, informés et conformes.




Commentaires